La loyauté du patient : une obligation ?


" Dans la pratique, la transmission de l’information se veut réciproque entre les deux principaux protagonistes de la relation médicale "



Le professionnel de santé est soumis à une obligation d'information. Cela signifie qu'à chaque fois qu'il prend en charge un patient, il doit délivrer à celui-ci une information accessible et loyale sur son état de santé, sur les investigations et les traitements envisagés et sur les risques encourus. S'il ne le fait pas, sa responsabilité médicale pourra être recherchée en cas de préjudice.


Mais qu'en est-il du patient? Pèse-t-il sur lui une sorte d'obligation de loyauté en vertu de laquelle il serait tenu de tout dire à son médecin ?


Dans la pratique, la transmission de l’information se veut réciproque entre les deux principaux protagonistes de la relation médicale. Car on attend naturellement de la personne qui fait une demande de soin auprès d’un médecin, qu’elle coopère librement en partageant avec ce dernier toutes les informations pertinentes concernant sa santé (ses ressentis, ses habitudes de vie, son alimentation, ses antécédents médicaux et familiaux, ses traitements en cours, son observance...).


En effet, la consultation médicale débute généralement par la narration que le patient va faire de sa douleur ; celle-ci sera par la suite confirmée par un examen clinique avant d’être traduit en symptôme.


Toutes les informations transmises sont donc potentiellement utiles et auront certainement une influence non seulement sur la compréhension que le médecin aura de l'état de santé du patient mais aussi sur la recherche de diagnostic.


Or, il est fréquent que le discours du patient soit biaisé : soit il ment par honte, par omission, ou encore par extrapolation soit il minimise certains faits. Une telle attitude pourrait occasionner un retard de diagnostic, voire une erreur pouvant aboutir, dans le pire des cas, à un accident médical fatal. Dans cette hypothèse, il sera difficile d'imputer le préjudice au corps médical. C'est par exemple le cas lorsqu'un patient dont l'état se dégrade n'avoue pas à son médecin traitant qu'il n'avait pas respecté à la lettre le traitement qu'il lui avait prescrit ou qu'il avait consommé d'autres médicaments en automédication.


Confronté au discours déloyal du patient, le médecin est impuissant en ce qu'il ne peut contraindre ce dernier à dire toute la vérité. Il peut néanmoins recourir à l’observation pour vérifier certaines allégations scientifiquement vérifiables.


En définitive, certes l’obligation de collaboration du patient n’est ni formellement encadrée par la loi ni véritablement garantie par le contrat médical, mais, en tant qu’acteur de sa propre santé et principal bénéficiaire des soins, le patient a tout intérêt à collaborer avec le médecin.



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